Quelques mots d’histoire

Pendant la seconde guerre mondiale, Beauvoisin a vu naître un des premiers maquis de la Drôme. Les maquisards FTPF se sont installés quelques mois à partir de mars 1943 dans un abri sous roche surplombant le village (deux plaques commémoratives y ont été apposées) avant de rejoindre la ferme de La Fournache sur le plateau au dessus au pied de la montagne du Linceuil.

LA FOURNACHE, UN LIEU DE RÉSISTANCE

Au printemps 1943, plusieurs jeunes refusant de partir travailler en Allemagne dans le cadre du STO se réfugièrent dans une ancienne ferme isolée de la montagne du Linceuil, entre Rochebrune et Beauvoisin, près de Buis-les-Baronnies.

Fondé le 27 mars 1943, le maquis FTP de la Fournache accueillit progressivement entre 25 et 50 résistants. La vieille bergerie fut réparée, tandis que des habitants des Baronnies ravitaillaient clandestinement les jeunes hommes, souvent au cours de déplacements effectués de nuit.

Dans la nuit du 8 au 9 août 1943, les troupes italiennes, accompagnées de miliciens, investirent Buis-les-Baronnies avant de progresser vers la Fournache par plusieurs directions : Beauvoisin, Rochebrune et le col d’Ey. Un témoin évoqua même près de 1 000 hommes répartis en trois colonnes, mais ce chiffre reste celui de son témoignage.

Vers trois heures du matin, Louis Borel réussit à atteindre le camp et à prévenir les résistants. Ceux-ci eurent tout juste le temps de se disperser dans les bois et de gagner les montagnes de Montaulieu puis d’Autuche, tandis que des avions survolaient le secteur.
Les Italiens trouvèrent finalement la ferme presque vide. Ils la pillèrent, l’incendièrent et la détruisirent en partie. Denis Arlaud fut toutefois capturé, tandis que Louis Borel fut arrêté en tentant d’avertir d’autres résistants de Buis-les-Baronnies. Plusieurs hommes furent ensuite internés en France puis en Italie.
Les documents ne donnent pas tous exactement la même date : certains indiquent les7 et 8 août, d’autres la nuit du8 au 9 août, voire du 9 au 10. L’attaque est néanmoins clairement située autour du9 août 1943.
Grâce à l’alerte donnée à temps, l’opération ne provoqua pas le massacre espéré par les assaillants. Les survivants se regroupèrent ensuite dans d’autres maquis et plusieurs participèrent, en 1944, aux combats de la Libération et de Montélimar.
Qui connaissait l’histoire de ce maquis caché dans les montagnes des Baronnies ?
Sources : Musée de la Résistance en ligne, Parc naturel régional des Baronnies provençales.
Le 8 mai 2015, à l’occasion du 70ème anniversaire de la Libération, nous avons choisi d’honorer un résistant et son épouse, Louis et Suzanne Borel, en donnant leur nom à l’espace mairie et salle des fêtes. A cette occasion une exposition de photos de l’époque 1930/1950 était proposée aux participants à la cérémonie grâce au prêts de familles du village.
Au cours de cette même période, une habitante du village, Gabrielle Jourdan, photographiait de nombreuses scènes de la vie à la campagne qui nous remettent- dans l’ambiance de l’époque.